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Troubles de voisinage : bruits d'activité professionnelle (bar, restaurant, chantier...)
Vous êtes incommodé par des bruits d'activité professionnelle (bruits liés à un chantier, à l'activité d'un bar, d'une discothèque, d'une salle de sport diffusant de la musique...) ? Ces bruits peuvent être sanctionnés. Nous faisons le point sur la réglementation.
Bar, discothèque et autres établissements
Il est possible d’engager plusieurs démarches à l’encontre de l’exploitant de l’établissement afin de faire cesser les nuisances sonores lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :
L’activité à l’origine des nuisances n’existait pas avant l’installation de la victime des nuisances. Cette situation peut notamment être établie par la production d’un acte de vente, d’un bail ou de tout acte conférant la jouissance du bien.
La législation ou la réglementation en vigueur n’est pas respectée, notamment en matière de bruit, d’horaires d’exploitation, d’isolement acoustique ou de diffusion de sons amplifiés
L’activité, bien qu’antérieure à l’installation de la victime, se poursuit dans des conditions différentes ou nouvelles ayant entraîné une aggravation des nuisances, par exemple en raison d’une augmentation du volume sonore, d’une extension des horaires, d’une modification des équipements ou d’une intensification de l’activité.
À l’inverse, lorsque l’activité est antérieure à l’installation de la victime, qu’elle est exercée conformément à la réglementation en vigueur et qu’elle se poursuit dans les mêmes conditions sans aggravation du trouble, la responsabilité de l’exploitant ne peut pas être engagée.
Aller voir l’exploitant/le gérant de l’établissement
Tout d’abord, il est nécessaire d’aller voir l'exploitant de l'établissement d'où proviennent les bruits pour lui faire part de la gêne et lui demander de faire cesser les nuisances.
Si les nuisances persistent, envoyer un courrier simple
Si l’exploitant n'agit pas, il est conseiller d’envoyer un courrier simple.
Ce courrier doit rappeler :
Les nuisances (jours, horaires, nature des bruits)
La gêne occasionnée par ce bruit dans la vie quotidienne (notamment l’atteinte à la tranquilité ou à la santé)
Si le logement est en copropriété, les éventuelles clauses du règlement de copropriété notamment celles liées à l'interdiction de troubler la tranquillité des occupants par tout bruit, de quelque nature qu'il soit
La nécessité de faire cesser les troubles de voisinage.
À noter
Il est recommandé de réunir un maximum de preuves à l'appui de votre courrier. Il peut s’agir d’un journal de bord des nuisances (dates, heures, description), des témoignages d’autres voisins, un constat établi par un commissaire de justice, des enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes déjà déposées.
Si les nuisances continuent, envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception
En cas d'inaction de l'exploitant, un courrier recommandé avec accusé de réception le mettant en demeure de faire cesser la gêne occasionnée par le bruit doit lui être envoyé.
Cette lettre reprend les informations contenues dans le précédent courrier.
À savoir
Si l'établissement est situé dans un immeuble en copropriété, vous devez avertir le syndic de copropriété par tous moyens (mail, lettre, etc) des nuisances subies. Il doit, en effet, effectuer toutes les démarches utiles pour préserver la tranquillité des occupants de l'immeuble.
Si les démarches amiables sont infructueuses, il est nécessaire d’adresser un courrier recommandé au maire de la commune du lieu de situation de l’établissement.
Où s'informer ?
Mairie
Mairie (Site internet)Ce courrier doit décrire les troubles subis (dates, heures, nature des nuisances) et demander l’usage des pouvoirs de police pour les faire cesser. Cette demande doit être accompagnée des preuves de l’existence des nuisances (journal de bord des nuisances, témoignages d’autres voisins, constat établi par un commissaire de justice, enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes déjà déposées).
Le maire peut :
Faire intervenir la police municipale ou nationale pour constater les infractions
Verbaliser (infliger des amendes)
Prendre des arrêtés limitant les horaires ou imposant certaines mesures à l’exploitant.
À savoir
Le préfet peut, en complément, prendre un arrêté de fermeture administrative de l’établissement si les troubles à la tranquillité publique sont établis.
En complément des démarches amiables et de la lettre au maire, il est possible de faire appel à la police ou la gendarmerie.
Où s'informer ?
Commissariat
Commissariat (Site internet)Où s'informer ?
Brigade de gendarmerie
Brigade de gendarmerie (Site internet)Les policier et les gendarmes peuvent se déplacer. Dans ce cas, leur intervention consiste à procéder à un constat du bruit ainsi qu'à une verbalisation de l'auteur si les nuisances sonores sont avérées.
En effet, une amende forfaitaire peut être infligée à l'exploitant pour un montant de :
68 € s'il règle l'amende immédiatement ou dans les 45 jours suivant le constat d'infraction (ou l'envoi de l'avis d'infraction s'il existe),
180 € après ce délai.
Vous pouvez également déposer une main courante ou une plainte.
Attention
Une personne victime de menaces ou insultes pour de faux motifs de nuisances sonores peut également déposer plainte pour harcèlement. En outre, une personne qui prévient à tort la police ou la gendarmerie risque une condamnation pour dénonciation calomnieuse. La peine maximale est de 5 ans de prison et 45 000 € d'amende. La personne visée par la fausse dénonciation peut porter plainte au pénal contre l'auteur des faits. Ce dernier peut aussi être poursuivi par le procureur de la République.
Pour trouver une solution amiable avec l'exploitant si les nuisances persistent, il est possible de recourir à :
Un conciliateur de justice (démarche gratuite)
Un médiateur (démarche payante)
Une procédure participative (démarche payante avec recours à un avocat).
Où s'informer ?
Conciliateur de justice
Conciliateur de justice (Site internet)Attention
Cette démarche est obligatoire pour pouvoir faire, par la suite, un recours auprès du tribunal.
Si toutes les précédentes démarches n’ont pas abouti, il est possible de faire un recours auprès du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'établissement pour :
Faire reconnaître le trouble anormal de voisinage
Obtenir des mesures de cessation ou de réduction des nuisances (par exemple travaux d’isolation, déplacement d’équipements, limitation d’horaires etc), éventuellement sous astreinte
Solliciter des dommages et intérêts pour réparer ou compenser le trouble subi (trouble de jouissance, dépréciation du bien immobilier, préjudice moral).
Ces demandes doivent être accompagnées des pièces justificatives pour démontrer la réalité des nuisances (par exemple, constat du commissaire de justice ou procès-verbal établi par la police ou la gendarmerie, courriers échangés avec l’exploitant, témoignages, pétitions etc.) et l’existence d’un préjudice (par exemple, certificat médical si votre état de santé s'est dégradé en raison de ces nuisances).
Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.
Rappel
Il est obligatoire d'avoir recours à un conciliateur de justice ou à un médiateur ou à une procédure participative pour pouvoir, par la suite, faire un recours auprès du tribunal.
L'exploitant peut engager sa responsabilité pour trouble anormal de voisinage.
Le juge peut ordonner les mesures suivantes :
Obligation de réaliser des travaux d'insonorisation de l'établissement ou encore la fermeture provisoire de l'établissement à titre de sanction
Versement de dommages et intérêts
Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
Confiscation du matériel ayant servi à commettre le bruit (par exemple, matériel de sonorisation).
Chantier de travaux publics et privés
Les chantiers concernés par les obligations spécifiques en matières de bruits sont les suivants :
Les chantiers de travaux publics ou privés soumis à autorisation ou à déclaration (permis de construire ou déclaration de travaux). C’est le cas, par exemple, de la construction d’une maison individuelle ou d’un immeuble, de l’extension d’un pavillon, de la création d’un parking, du ravalement d’une façade ou de l’installation de panneaux photovoltaïques visibles
Les travaux intéressant les bâtiments et les équipements soumis à autorisation ou à déclaration. C’est le cas, par exemple, de travaux de réhabilitation d’un immeuble ou de démolition partielles, de travaux de surélévation, d’une réfection complète des réseaux électriques ou de plomberie, de travaux sur une chaufferie collective ou d’une station de pompage.
À savoir
Les chantiers non soumis à autorisation ou déclaration ne doivent néanmoins pas provoquer de nuisances sonores excessives par leur durée, leur répétition ou leur intensité, de nature à porter atteinte à la tranquilité du voisinage ou à la santé des personnes.
La personne ou l’entreprise en charge du chantier doit :
Respecter les conditions d'utilisation ou d'exploitation des matériels et équipements (conformité, homologation, mode d’utilisation et entretien des engins utilisés...)
Prendre toutes les précautions pour limiter le bruit (positionnement des engins, organisation du chantier, mise en place d’écrans antibruit, limitation des engins les plus bruyants aux heures de jour, arrêt des moteurs hors usage...)
Respecter les horaires de chantier fixer par arrêté municipal ou préfectoral, propre à chaque commune ou département. En pratique, les travaux sont généralement réalisés durant les les jours ouvrables de 8h00 à 20h00 (ou de 7h30 à 19h30) pour limiter les nuisances sonores pour les riverains. Des dérogations par arrêté peuvent cependant être délivrées concernant les horaires des travaux, mais aussi les plages horaires d'utilisation de certains engins particulièrement bruyants
Éviter tout comportement ou décision générant un bruit excessif ou évitable. C’est le cas, par exemple, du fonctionnement continu d’engins sans nécessité technique démontrée ou de manœuvres manifestement inutiles
Informer le public qu’un chantier est en cours. Cette information est faite par un affichage visible sur les lieux. Cet affichage indique la durée des travaux, les horaires et les coordonnées du responsable. Les riverains doivent être informés des phases du chantier les plus bruyantes et des raisons pour lesquelles elles le sont.
Tout d’abord, il est important de déterminer si :
Le chantier est soumis à une autorisation ou une déclaration de travaux
Il existe un arrêté municipal ou préfectoral fixant les horaires et les prescriptions du chantier.
Ces éléments sont consultables auprès des services de la mairie de la commune sur laquelle sont réalisées les travaux :
Où s'informer ?
Mairie
Mairie (Site internet)Ensuite, il est recommandé de contacter l’entreprise intervenante ou le maître d’ouvrage (mairie, promoteur, syndic etc.) pour signaler les nuisances sonores et demander de prendre tous les précautions nécessaires pour limiter le bruit.
Il peut s’agir, par exemple, de respect des horaires fixés par arrêté municipal ou préfectoral ou de mettre en place des mesures de réduction du bruit (par exemple, écrans, type d’engins, organisation du chantier ).
Cette demande peut être faite à l’oral mais il est conseillé de la faire par écrit (courriel, courrier simple ou courrier recommandé).
À savoir
Il est nécessaire de conserver des preuves des nuisances sonores telles que des photographies ou des vidéos, un relevé des troubles avec les dates, heures et type de bruits, les témoignages des voisins, un constat d’un commissaire de justice, les échanges (courriers/mails) avec l’entreprise ou le maître d’ouvrage et, si possible, la copie des arrêtés municipaux ou préfectoraux fixant les horaires et prescriptions de chantier. Ces éléments seront utiles en cas de plainte ou d’action en justice.
Le maire dispose d’un pouvoir de police générale pour assurer la tranquillité publique des habitants et réprimer les bruits et troubles de voisinage.
Il doit être saisi par écrit. Un modèle de courrier est consultable.
Le maire peut notamment :
Faire contrôler et sanctionner le non-respect des arrêtés municipaux (contravention, verbalisation par un agent de l’Etat spécialement habilité et assermenté)
Mettre en demeure l'entreprise de respecter les conditions de réalisation du chantier et les horaires autorisés
Imposer des mesures correctrices (modification des horaires, dispositifs anti‑bruit supplémentaires, etc.)
Suspendre les activités jusqu’à exécution des mesures prescrites par l’arrêté, ce qui peut conduire à un arrêt temporaire du chantier.
À savoir
En cas d’inaction du maire, il est possible de saisir le préfet par courrier recommandé avec accusé de réception.
Où s'informer ?
Préfecture
Préfecture (Site internet)Si les nuisances persistent malgré les démarches amiables, il est possible de déposer une main courante ou porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie.
Où s'informer ?
Commissariat
Commissariat (Site internet)Où s'informer ?
Brigade de gendarmerie
Brigade de gendarmerie (Site internet)La nature privée ou publique des ouvrages va déterminer le juge compétent pour intenter une action en justice sur le fondement du trouble anormal de voisinage.
Action devant le juge civil
Un riverain (voisin, occupant d’un immeuble, propriétaire, locataire etc) peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble si les nuisances de chantier constituent un trouble anormal de voisinage.
Où s'informer ?
Tribunal judiciaire
Tribunal judiciaire (Site internet)Pour cela, il faut prouver les 3 éléments suivants :
L’existence d’un trouble anormal (bruit, poussières, difficultés d’accès, etc.) excédant les inconvénients normaux du voisinage. Cette anormalité s’apprécie en prenant compte la gravite et la durée du trouble ainsi que l’environnement du chantier (quartier déjà bruyant ou non, caractère touristique ou non, etc.)
L’existence d’un préjudice (gêne de jouissance, perte de clientèle, dépréciation immobilière, fissure, désordres causés à l’immeuble nécessitant des travaux de réparation etc)
Et le lien de causalité direct entre le trouble et le préjudice.
Cette action en indemnisation peut être dirigée à l’encontre du maître d’ouvrage et/ou l’entrepreneur et/ou des sous-traitants. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat.
Action devant le juge administratif
Lorsque les nuisances proviennent de travaux ou ouvrages publics (route, tramway, ouvrage public de transport, etc.), les voisins peuvent saisir le tribunal administratif de la commune sur laquelle les travaux sont effectués.
Où s'informer ?
Tribunal administratif
Tribunal administratif (Site internet)Il doit être démontré un trouble :
Anormal, c’est-à-dire que la gêne dépasse les contraintes que les riverains sont normalement tenus de supporter dans l’intérêt général
Et spécial en ce qu’il affecte un nombre limité de personnes ou présente une intensité particulière.
Les préjudices indemnisables peuvent être commerciaux (baisse de chiffre d’affaires liée au chantier), patrimoniaux (dépréciation de la valeur d’une propriété) ou des troubles de jouissance (bruits, poussières, difficultés d’accès).
À savoir
Si, malgré des signalements répétés, le maire ou le préfet n’a pris aucune mesure alors que les nuisances sont manifestement excessives, une action en responsabilité de la commune ou de l’État pour carence peut être envisagée devant le juge administratif.
Les sanctions possibles pour la personne en charge du chantier sont les suivantes :
Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
Interruption du chantier en cas de non-respect des prescriptions de l’arrêté municipal et préfectoral, après injonction du maire
Versement de dommages et intérêts en cas d’action judiciaire aux termes de laquelle le trouble est reconnu comme anormal.
Textes de référence
Code de l'environnement : articles R571-25 à R571-28